24 Heures

28.01.2008

Cache ta joie

Une Suisse plus souriante pour l’Euro 2008. C’est l’ambition de Suisse Tourisme, qui lance une coûteuse campagne d’affichage pour encourager les Suisses à faire un accueil aimable à ses futurs visiteurs…

Dans un local impersonnel, Walter, 35 ans, Christian, 50 ans et Linda, 28 ans sont réunis pour une séance de motivation.

Walter (large sourire): Je m’appelle Walter, je suis depuis 4 ans coach de l’association Smile and Win, dont le siège est en Californie et dont je viens de créer une succursale en Suisse romande, Sourire pour gagner. C’est à ce titre que j’ai développé un programme à large spectre dans le cadre de la campagne pour l’Euro 2008. je suis content de vous voir…

Christian (visage impassible mais ton ironique, lui coupe la parole): Ca se comprend. Vendre du sourire pour gagner du pognon, il fallait vraiment en arriver à un état de débilité généralisée pour que ça marche. Vous avez pris des risques. Je vous félicite. J’aurais jamais cru que ce soit possible, mais on vous paye effectivement pour ramener de trop sérieuses brebis dans le giron de l’imbécillité heureuse. Chapeau Walter.

Walter (souriant de plus belle): J’aime beaucoup ton humour. Comme vous le savez, nous avons jugé opportun de proposer à des entreprises de toutes sortes des entretiens de motivation à sourire davantage lorsqu’on intervient d’une façon ou d’une autre dans l’espace public. Nous estimons que le problème de l’attitude…disons…trop fermée,  ne touche en Suisse pas que les infrastructures touristiques, mais plus largement tous les domaines de contact au public. Vous avez été désignés par vos entreprises respectives, et je vous souhaite la bienvenue. Nous vous avons réunis deux par deux par tirage au sort… Alors je vous invite à rapidement vous présenter l’un à l’autre avec votre prénom et votre fonction.  (Il se tourne vers Linda.)

Linda (rictus poli): Linda, agente.

Walter : Euh, Linda, peux-tu détailler un peu? et justement profite pour essayer de glisser un sourire. Imagine toujours que la personne à qui tu t’adresses est un ami. Tu verras ça change tout.

Linda (rictus un peu plus appuyé): Linda, agente de ville. Je mets des PV quoi. Et les gens que je rencontre me ressentent rarement comme une amie, Walter.

Walter: Ok, merci Linda, mais n’oublie pas que dans trois mois tu vas croiser des milliers de supporters de passage à Genève et que tu ne vas pas forcément leur mettre une amende. (Il sourit de plus belle) Il faut que tu penses que tu es aussi une ambassadrice, à ton échelon.

Linda: Une ambassadrice?

Walter: Oui. Il faut avoir conscience que vous êtes tous des ambassadeurs de l’image de la Suisse que les visiteurs vont ramener chez eux. (il se tourne vers Christian).

Christian (avec une légère ironie): Salut Linda, ambassadrice du rackett organisé… Je suis Christian, et je suis critique gastronomique. J’ai été envoyé ici par ma rédaction parce que j’ai refusé de changer la photo qui accompagne mes chroniques. Il paraît que j’ai un air trop sérieux et que ça invite pas à aller dans les restaurants que je recommande. J’ai cru rêver en entendant ça, mais je rêvais pas. Donc me voilà.

Linda (furieuse): J’ai pas accepté de venir ici pour me faire insulter. On ne rackette pas les gens, Monsieur.  On fait respecter la loi, un point c’est tout.

Walter : Du calme Linda. Tu vois c’est l’occasion d’appliquer notre méthode. Si tu étais plus souriante tu aurais sans doute désamorcé l’agressivité larvée de Christian. C’est vrai qu’avec la tête que tu fais, on…

Linda (hausse la voix): Ah bon?! Quelle tête je fais? hein? Quelle tête? Mais pour qui y se prend le ravi de la crèche? Vous l’avez vue votre tête, espèce de faux-cul? 

Christian (joyeux): Bien envoyé, Linda! Je commence à être motivé! Regardez Walter, l’agressif sourit!

Walter : Ecoute Christian, tu es un homme intelligent…

Linda (lui coupe la parole): C’est ça, dites tout de suite que je suis une imbécile!

Walter (se crispe) : Laissez-moi parler. Christian, tu es intelligent – et toi aussi Linda, bien sûr - , alors arrêtez de faire comme s’il s’agissait de vous pousser à sourire bêtement pour un oui et un non. Il s’agit juste de vous faire comprendre qu’une image plus enthousiaste est un plus pour vous, pour votre fonction, et finalement pour l’image notre pays. Il ne s’agit pas de mettre en cause votre compétence professionnelle, au contraire, elle est irréprochable. Notre mission consiste simplement à faire évoluer l’image de fermeture qui est trop souvent la nôtre auprès des étrangers de passage.

Christian: Vous avez tort, regardez comme il est souriant Blocher, et on le voit partout. Vous devez être content de lui dans le genre ambassadeur de la bonne humeur helvétique? Mais c’est vrai que lui c’est précisément quand les étrangers sont de passage qu’il s’enthousiasme.

Walter: (commence à faire poindre son agacement) On n’est pas là pour parler politique Christian, Je parle d’être aimable et souriant afin que les touristes qui nous font le plaisir de venir chez nous se sentent bienvenus. C’est quand même la moindre des choses. Vous appréciez ça quand vous êtes à l’étranger, non? Il n’y a qu’en Suisse qu’on se montre si peu engageant.

Linda: Vous avez jamais dû aller en Corse, Walter.

Walter: Ecoutez, même les singes sourient. Vous avez dû manquer d’attention souriante dans les premiers mois de votre vie, c’est tout. C’est à ce moment-là que ça se joue. On vous propose d’en prendre conscience et de dépasser ça.

Christian: Vous avez prévu un cours pour les futurs parents aussi?

Walter : (son sourire s’est figé et son ton est acide) Tant pis pour vous. Vous faites partie des gens sclérosés, qui refusent d’aller vers une optimisation de l’image de notre pays. Tant pis, le train de la réussite de l’Euro 2008 partira sans vous.

Linda: Ben les trains c’est de toute façon pas mon domaine. Au revoir Monsieur Walter.

15.01.2008

Variation sur le thème de l'interdiction de fumer

Janvier 2028, à Genève, dans les locaux de l’A.P.A Anonymous Phone Addicts, lors d’une réunion avec la thérapeute psycho-attachante (nouveau concept en vogue).
Un petit groupe d’hommes et de femmes de tous âges sont présents.

 

La thérapeute : Bonjour à tous. Aujourd’hui nous accueillons deux nouveaux. Selon la règle ils se sont choisis deux prénoms fictifs en lien avec un souvenir d’oralité intense... Je vais vous demander de nous les donner, sans vous expliquer sur le choix, mais en nous disant juste ce qui vous a décidé à nous rejoindre.

 

(Une femme se lève) : Mon nom est Ketchup…j’ai vingt ans. Je me suis décidée à venir aux séances parce que depuis la nouvelle loi qui interdit le téléphone portable dans tous les lieux publics je me suis fait amender trois fois, et que j’arrive toujours pas à arrêter…

 

La thérapeute : (lui tend l’extrémité d’une ficelle dont elle garde l’autre bout dans la main) Ketchup, la prochaine fois n’oublie pas le fil.

Sugus, tu peux expliquer le principe à nos deux amis ?

 

(Un homme d’une trentaine d’année se lève et prend la ficelle de la main de Lolette avant de parler) Ici nous travaillons à retrouver le fil, le cordon perdu. L’addiction au téléphone portable est un maintien dans l’état fusionnel d’avant le cordon ombilical. Contact permanent, tyrannique et métabolique. Or, si le fil semble nous attacher, il est en fait la preuve de la distinction d’avec l’autre. Le fil invite à circuler librement entre attachement et détachement sans sensation de manque. Communiquer sans fil c’est faire le déni de la distance. Donc ici nous travaillons à nous rattacher, pour reprendre conscience de nous-même.

 

La thérapeute : Merci Sugus. A notre deuxième nouveau maintenant.

 

(Un homme d’environ quarante ans se lève) : Bonjour, je me nomme Pouce…

 

Lolette (timidement) : Le fil, Pouce…

 

La Thérapeute : Bravo Lolette, très bonne réaction.

 

Pouce (prend le fil) : J’ai décidé de venir parce que j’ai vu mourir plusieurs amis proches de lésions cérébrales et que pourtant c’est très dur d’arrêter. (il semble au bord des larmes) J’ai compris que c’était vraiment dangereux, mais je fais partie d’une génération pour qui c’est tout un symbole… Quand on était adolescent c’était un signe de liberté, une façon de draguer aussi. Si t’avais pas ton portable, t’étais ringard. Et puis dans les films, tous les héros, les aventuriers avaient un portable. Ca ouvrait l’imaginaire, le rêve… Même dans les shows télés, on envoyait des sms…Et puis il y a toute la gestuelle qui va avec: je le tiens dans la main, le regarde, je tapote dessus. Ca me donne une contenance… Je sais pas si c’est en rapport avec le cordon ombilical ou quoi, mais j’ai l’impression de devoir faire le deuil de tout mon rapport au monde en tout cas… Et ça me fait presque plus peur que les dommages pour la santé…

 

(Une femme de soixante ans se lève à son tour) : Bienvenue à Pouce et Lolette. Je me nomme Camel et je suis parmi les plus âgés ici. Il y a vingt ans, j’ai dû renoncer à la cigarette. A cette époque tout le monde avait un portable, tandis que la cigarette était désignée comme un danger public. Quand je t’entends Pouce, je me dis que c’est exactement ce que j’ai ressenti quand j’ai arrêté de fumer, mais à l’époque j’ai très vite tout reporté sur le téléphone. Je l’avais tout le temps dans la main, je pianotais dessus sans cesse, je me sentais mal si je l’oubliais chez moi une journée. Maintenant, j’ai rien pour remplacer. Et à mon âge, c’est encore plus dur qu’au vôtre. J’ai l’impression de m’être fait avoir toute ma vie: on nous a vendu de la liberté, encouragé à la consommer, et finalement, chaque fois, on nous a obligé à nous en défaire parce qu’il s’est révélé que c’était dangereux. On s’est bien fichu de nous…

 

(L’assemblée est très émue, Ketchup écrase furtivement une larme)

 

La  thérapeute : Merci Camel. Ketchup tu veux prendre le fil ?

 

(Ketchup fait signe que oui et reprend le fil): Je voulais juste dire que je trouve super fort ce que vient de dire Camel. Je suis contente d’être venue. Et puis dire que pour moi, le plus dur c’est de sortir sans téléphone. C’est comme si c’était…plat. Et surtout cette horrible sensation de manque, de manquer quelque chose. Là par exemple, ça fait trois fois que j’ai eu l’envie irrésistible de consulter mes sms.

 

La thérapeute : C’est très bien que tu en parles. Sugus tu peux expliquer le principe du m s m, aime et sème…

 

Sugus : Alors le sms étant un mouvement pulsionnel passant par la diffusion immédiate d’un message-drogue, quand on a cette pulsion durant la semaine, nous on inscrit des m s m, des messages d’amour et de soutien sur des petits bouts de papier. On les replie et on les amène à la réunion. Là chacun en tire plusieurs au hasard avant de partir. On les garde sur soi, et en période de manque, on les ouvre et on en écrit de nouveaux, et ainsi de suite. Et petit à petit le manque disparaît.

 

La thérapeute : Oui Sugus, « Retrouver le fil qui nous relie au manque, et le manque disparaît» C’est la devise des APA, ne l’oubliez pas. Et bonne semaine à tous !

07.01.2008

Cherchez Calmy

Janvier 2008 dans un café, Pierre 50 ans, Annette 45 ans et Ueli 33 ans lisent les journaux. Soudain Pierre éclate de rire. 

Pierre : Ha ha, je me demandais ce que c’était cette photo de cohue…C’est la nouvelle photo du Conseil fédéral…Vous avez vu ce truc?

Ueli : Montre… Ach lustig, c’est comme le jeu Cherchez Charlie, ils auraient dû tous se mettre en pull rayé!

Pierre : Lustig? Mais c’est très sérieux (il lit à voix haute) «Pascal Couchepin a voulu montrer un Conseil fédéral proche du peuple».

Annette :(se penche pour regarder) Ils sont où? J’en vois que quatre, les massifs en costard cravate…

Pierre : Au premier plan des femmes, des personnes âgées et des ados, pour mettre en valeur nos patriarches…

Ueli : Mais il y a un certain humour la-dedans. Bon c’est vrai que du coup le jeu c’est: cherchez les femmes. On les voit quasiment pas. Ah, j’ai trouvé Calmy, elle émerge tout juste derrière l’épaule de Couchepin.

Annette : Joli façon de célébrer le premier Conseil fédéral paritaire, pour une fois qu’il y avait quatre femmes sur la photo, hop, on les noie dans la foule. J’adore ce genre d’humour.

Pierre: Ca y est, j’ai trouvé Eveline Schlumpf et Leuthard, regarde, elles dérivent sur les bordures...

Annette: Et alors la grande perdante c’est la chancelière. Vu que personne la connaît, elle est carrément impossible à retrouver. Du coup les trois quarts des gens vont même oublier qu’elle existe.

Ueli : Faut quand même pas prendre ça trop au sérieux. D’ailleurs tu vois, en fait c’est quand même un bon concept, on n'a jamais autant regardé une photo officielle.

Pierre : Mouais, c’est moyen comme raisonnement. C’est quand même absurde: ça te viendrait à l’idée de faire un portrait de ta famille et de choisir de les coincer au milieu de cent personnes?

Ueli : Si j’ai envie de donner l’impression qu’ils sont au cœur d’un événement, oui. C’est le syndrome de la rock star ou du footballeur vedette, le fantasme de fendre une foule en délire. Calmy a chanté chez Morisod. Pour la revanche Couchepin et ses boys la jouent Rolling Stones, et les dames se retrouvent choristes.

Annette : Sauf que la foule en question n’est pas franchement en délire. Cent personnes serrées comme des sardines avec comme mot d’ordre de ne pas regarder l’objectif, ça ressemble plutôt à une manifestation de somnambules. Et au milieu de ce poulailler hébété, quatre coqs veillent.

Ueli : Et quatre poules couvent, discrètes! Le poulailler fédéral vous présente ses meilleurs œufs pour la nouvelle année!

Pierre : Moi ce qui m’inquiéterait c’est surtout la suite. D’année en année les photographes vont devoir rivaliser d’originalité. L’an passé les conseillers couraient vers l’objectif, maintenant ils baignent dans la foule, ils pourront plus revenir à une simple photo de base, ça fera trop plan-plan. Ils se sont mis dans un drôle d’engrenage en fait. Je me demande jusqu’où ils vont aller.

Ueli : On pourrait lancer un concours à l’échelle nationale? Moi je propose de les prendre sur le grand huit au moment de la descente, ou en tenue de plongée au fond du lac.

Annette : Mais mon pauvre Ueli, n’importe qui ne photographie pas le Conseil fédéral. Proche du peuple tu parles, de plus en plus snob, oui! Il faut une signature, une caution artistique pour les photographier maintenant. A défaut d’entrer dans l’Europe, ils rêvent peut-être de figurer au catalogue du Centre Pompidou!

Pierre : En tout cas, l’idée de la masse de gens, eux au milieu, c’est le bon chemin. C’est juste le choix des photographes qui est encore trop timoré. On va leur dire, l’an prochain il faut qu’ils reprennent exactement le même concept mais avec Spencer Tunick* aux manettes, et là c’est bon, ils font le tour du monde!

*Spencer Tunick, photographe américain connu pour ses compositions photographiques où figurent des centaines de volontaires, hommes et femmes, posant nus.

28.12.2007

La liste de Carla

24 décembre, Claire 32 ans, et Gérald 36 ans, mangent en tête-à-tête dans leur salon-salle à manger.

Claire: Et dire qu’ils vont aller au Winter Palace à Louxor…

Gérald: Qui ça ?

Claire: Nicolas et cette sal… enfin, Carla Bruni.

Gérald: Et alors?

Claire: Je sais pas pourquoi mais ça m’insupporte. Mais qu’est-ce qu’il lui trouve! Carole Bouquet au moins ça aurait eu une autre gueule que cette grande bringue qui se la pète. En fait je suis déçue, oui c’est ça, déçue…

Gérald: Déçue?

Claire: Oui, je comprends pas qu’un type aussi intelligent tombe dans le panneau de cette fille.

Gérald : Moi je comprends assez bien. Elle est très sexy. Je me demande plutôt ce qu’elle peut lui trouver. Il ressemble de plus en plus à Jean Lefèbvre. Avec le pouvoir en plus évidemment. Et vous les femmes, rien à faire, l’argent et le pouvoir ça vous transforme n’importe quel nabot en prince charmant.

Claire: Eh bien non justement, je vais te le dire ce qu’elle lui trouve. Parce que ça fait des jours que ça me travaille…

Gérald: Tu sais tu commences à m’inquiéter. Depuis le mois d’avril, je crois bien qu’il n’y a pas un jour où tu m’as pas parlé de Sarkozy. Sarko et Ségolène, Sarko avec Cécilia, Sarko sans Cécilia… Et maintenant tu comptes le suivre en vacances? J’ai été assez patient mais là, j’avoue que pour Noël, j’aimerais une trêve.

Claire: Tu vois, tu prends la défense de cette garce. Ah elle sait y faire!

Gérald: Une garce, carrément? Parce que c’est une belle femme qui vit librement? Moi qui croyais vivre avec une féministe…Voilà que je réveillonne avec Christine Boutin.

Claire: Une belle femme libre qui se couche devant le pouvoir. Tu viens de le dire.

Gérald: D’abord elle se couche pas devant, elle couche avec. Nuance. Et puis fiche leur la paix, ils font ce qu’ils veulent. Nous par contre…

Claire: Je vais lui écrire. Je veux l’avertir du danger.

Gérald : Ma chérie, rassure-moi, c’est le champagne?

Claire: Mais c’est tellement évident. C’est le fils qu’elle vise. Comme avec l’autre.

Gérald: Je vais te faire un café. Et si ça va pas mieux, deux aspirines, et dodo. Et puis le 24 à deux, c’est la dernière fois. Je crois que je préfère encore aller chez tes parents.

Claire: Tu ne veux pas m’écouter. Mais elle a déjà fait ça, elle sortait avec l’éditeur de BHL, et elle l’a plaqué pour son fils! Faut quand même le faire, non? Ou tu vas encore lui trouver des excuses?

Gérald: Pour le fils de BHL ?

Claire: Mais non, pour le fils de l’éditeur avec qui elle sortait, Enthoven, je crois. Et avec ce fils elle a même eu un enfant. Pour finalement le quitter à son tour. Rien ne l’arrête. Moi je te prédis rebelote avec Sarko. Elle va se lasser comme d’hab, et elle va jeter son dévolu sur le fils Pierre, tout beau, tout jeune…Dans une interview elle a dit que les ruptures lui donnaient à chaque fois l’impression de rajeunir. Alors rompre pour un plus jeune, ça doit faire double impact: lift plus collagène! Je vais écrire à l’Elysée. Il faut empêcher ça.

Gérald: Bon, si je continue à t’écouter je vais en effet prendre un coup de vieux. Puisque c’est trop te demander de changer de sujet, moi je vais changer d’air. Alors je sors le chien, et je t’avertis, si à mon retour tu me reparles de ça, tu peux faire tes valises pour l’Egypte. Je passe pas le Nouvel An avec une Sarko-intoxiquée.

 

Manon Pulver, auteure de la pièce "Au bout du rouleau", qui s'est jouée en décembre à Genève, rédigera désormais des dialogues fictifs chaque semaine.