29.04.2008
Un nouveau blog collectif pour Les Quotidiennes
Car Les Quotidiennes vous apprécient, lecteurs, internautes, habitués ou occasionnels, ainsi que vos commentaires, critiques ou sympathiques.
Venez donc faire un tour chez nous, chez notre nouvel hébergeur. Tout n’est pas encore parfait, nous n’avons notamment pas encore récupéré les commentaires, les vôtres, ni tous les billets. Mais ça viendra…
En attendant, c’est avec plaisir que nous vous lirons.
Bien cordialement, La rédaction des Quotidiennes
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24.03.2008
Micheline Calmy-Rey confirme ne pas s'etre voilée tout de suite à Téhéran
Micheline Calmy-Rey s'est enfin exprimée personnellement après plusieurs jours de polémique autour des images d'elle voilée aux côtés du président iranien Mahmoud Ahmadinejad il y a une semaine. La ministre suisse des Affaires étrangères s’était rendue en Iran à l’occasion de la signature d’un important contrat gazier entre l’entreprise suisse EGL et les autorités iraniennes. Le ministre iranien venu chercher la Conseillère fédérale à l'aéroport de Téhéran ne serait tout simplement pas entré dans le pavillon où celle-ci se trouvait si elle ne s'était pas décidée à mettre le voile, a indiqué Micheline Calmy-Rey ce dimanche dans l'émission Pardonnez-moi de la TSR (écouter l'émission ici). Ses déclarations confirment nos informations selon lesquelles la ministre suisse s’est d’abord présentée la tête nue sur sol iranien (lire ceci). La conseillère fédérale a ajouté s’être pliée aux lois du pays (imposant le port du voile aux femmes) afin d’entrer en contact avec ses interlocuteurs. Elle leur a notamment parlé de la lapidation, des amputations ainsi que de la non reconnaissance d’Israël par l’Iran. "Pour moi, le voile ne signifie rien, si ce n'est un accessoire de mode" a-t-elle ajouté tout en reconnaissant que celui-ci revêt une toute autre signification pour les Iraniennes notamment.
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19.03.2008
Micheline Calmy-Rey aurait mis le voile sous la pression des Iraniens
Micheline Calmy-Rey s’est présentée dans un premier temps la tête découverte à la délégation officielle iranienne dimanche dernier, comme le montrent les images du reportage réalisé sur place par le journaliste de la Télévision suisse italienne Michele Salfetti.
La ministre des affaires étrangères descend de l’avion un foulard sur les épaules, à la façon d’une écharpe, la tête nue. «Ma traductrice me fait immédiatement part de sa stupéfaction à la vue de notre ministre non voilée», raconte le journaliste.
La conseillère fédérale rejoint ensuite la délégation officielle iranienne, toujours sans voile. Et là, les réactions ne se font pas attendre. «Les fonctionnaires iraniens sont très nerveux et se lancent des regards courroucés, poursuit Michele Salfetti. Ma traductrice me dit qu’ils demandent à une représentante de l’ambassade suisse présente dans la salle que Micheline Calmy-Rey mette absolument un voile.» Le lendemain, la ministre suisse des Affaires étrangères porte sur la tête le foulard qu’elle avait la veille sur les épaules. Des images qui ont déclenché la colère de féministes iraniennes et a provoqué de nombreuses réactions d’incompréhension en Suisse.
Micheline Calmy-Rey a expliqué hier à la presse à Berne avoir mis le voile pour s’adapter aux coutumes locales. Dans ce cas pourquoi ne ne l'a-t-elle pas mis dès son arrivée? A-t-elle tenté d’éviter le port du foulard, tout en prévoyant qu’elle pourrait difficilement y échapper, d’où la présence du tissu sur ses épaules, à rabattre sur les cheveux au besoin? Dans ce cas s’est-elle pliée à la pression des Iraniens? Le manque d’explications de la ministre laisse place à plusieurs interprétations.
Pour rappel, Micheline Calmy-Rey s’est rendue en Iran dimanche dernier pour une visite de deux jours à l’occasion de la signature d’un important contrat de fourniture de gaz entre les autorités iraniennes et l’entreprise suisse EGL.
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18.03.2008
Micheline Calmy-Rey voilée: le malaise des féministes
Quand on est invité chez quelqu’un, on respecte les coutumes locales. C’est en substance ce qu’a répondu Micheline Calmy-Rey cet après-midi à la presse concernant les critiques de féministes iraniennes rapportées par La Liberté. Celles-ci ont vivement condamné le fait que la ministre suisse des Affaires étrangère ait porté le voile lundi dans les bureaux du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Selon elles, Micheline Calmy-Rey n’était pas tenue de se voiler dans cette situation, en tant que femme étrangère et ministre.
Le port du voile de la part de Micheline Calmy-Rey crée un malaise chez les féministes. Maria Roth-Bernasconi, conseillère nationale socialiste genevoise, oscille entre la compréhension d’un acte diplomatique et son aversion envers le voile. Sa réaction à la vue d’un cliché de Micheline Calmy-Rey voilée aux côtés de Mahmoud Ahmadinejad en témoigne. «C’est impressionnant comme elle a mis ce truc sur la tête. Aïe aïe aïe! Je ne sais pas à quoi elle a pensé en mettant ça.» Et de s’adoucir. «Je ne doute pas de ses convictions féministes. Elle a certainement voulu respecter les coutumes afin d’entrer en dialogue avec le président iranien.» (lire les articles des Quotidiennes à ce sujet ici).
Et vous, qu'en pensez-vous?
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13.03.2008
Potiches pour le meilleur et pour le pire
Pour encourager les jeunes filles à prendre leur place dans notre société, on s’efforce de mettre en avant l’exemple de femmes qui réussissent en politique ou au travail. Mais lorsque la vie privée est rendue publique, les exemples de femmes qui se font respecter son rares.
Prenez les images de la conférence de presse du gouverneur de New York Eliot Spitzer annonçant sa démission hier. Sa femme Silda se tient à ses côtés, immobile, alors que Monsieur, jusque là champion de la lutte contre la corruption et la délinquance financière, rend son tablier suite à des révélations sur les dizaines de milliers de francs qu’il a dépensés en tant que client d’un réseau de prostitution de luxe. «Je ne peux pas permettre que mes défaillances privées perturbent le travail des gens», déclare-t-il. Silda, elle, fait apparemment son possible pour ne pas paraître perturbée.
Même lorsque son mari avoue à la terre entière qu’il se paie des prostituées, Madame fait tapisserie. Suit-elle l’exemple d’Hillary Clinton, qui resta elle aussi stoïque lorsque son mari avait admis les fellations de Monica Lewinski? Peut-être Silda a-t-elle comme Hillary des ambitions politiques à long terme. Quoi qu’il en soit, un bel exemple d’Amérique puritaine.
Il faut dire qu’en Europe, ce n’est pas bien mieux du côté des épouses de politiciens cocues. Seul coup d’éclat notoire, Veronica Berlusconi, elle, avait exigé des excuses publiques de Silvio. Sur un plateau de télévision, son cavaliere de mari avait fait des avances à une jeune députée. Veronica avait alors sommé son mari de faire une déclaration de repentir pour «inculquer à ses enfants le respect de valeurs fondamentales comme celle de la dignité de la femme.» On ne l’a pourtant pas entendue suite aux photos rendues publiques de Silvio avec son «harem» en Sardaigne. Comme s’il était écrit que les «femmes de» devaient jouer leur rôle de potiche pour le meilleur et pour le pire.
14:22 Publié dans La rédaction | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
11.03.2008
Il est bon de rappeler que l'égalité répond aussi à un calcul économique
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé à «investir dans les femmes et les filles» au cours de son discours de commémoration de la Journée internationales des femmes à l’ONU. Les propos qui on été rapportés de son discours semblent plutôt banals. Pourtant, ils ne le sont pas vraiment, si on se donne la peine de lire son discours diffusé sur internet.
"The smart thing to do"
Ainsi, investir femmes n’est pas seulement «the right thing to do», soit une action pour plus de justice sociale ou tout simplement une attitude politiquement correcte, mais «the smart thing to do»: la chose intelligente à faire. Car selon Ban Ki-moon, les femmes représentent le potentiel le plus significatif pour le développement mondial. Un potentiel encore bien trop peu mis à contribution. «L’égalité des genres n’est pas seulement un but en soi, mais un pré requis pour atteindre tous les autres buts du développement international, dit-il. Lorsque toutes les femmes du monde auront accès à la finance, au crédit, aux technologies et au marchés, (…) elles contribueront de manière effective à la croissance économique et au développement.» Pour y parvenir, il y a encore un long chemin à faire, selon le secrétaire général de l’ONU. Les femmes dans le monde sont en effet toujours entravées par la discrimination et un manque de liberté d’action.
En guise de conclusion, Ban Ki-moon a non seulement appelé les gouvernements et l’économie privée à augmenter de manière significative leurs investissements en ce sens mais surtout à évaluer «les coût économiques de l’inégalité des sexes et les ressources nécessaires pour y remédier.»
18:33 Publié dans La rédaction | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
La semaine de Claude-Inga Barbey... au Salon de l'auto
Elle n'est plus toute jeune, mais tunée et vidangée, et accepte d'être décapotée. Pourtant les clients du Salon lui préfèrent les hybrides... A écouter ici.
16:29 Publié dans La rédaction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.03.2008
Lettre de Carole Roussopoulos, vidéaste
Chaque matin, je me réveille de bonne humeur, et pourtant, à l’heure du café, il se produit toujours un article ou une conversation qui alimente ma colère. J’entends par colère cette faculté d’avoir les yeux ouverts sur le quotidien, et d’agir. Ce qui m’énerve? Que l’on réduise le féminisme à un rapport de forces hommes/femmes. Pour moi, il s’agit du plus grand des humanismes, avec une vision globale du monde. Par exemple, quand j’apprends que l’hôpital de gériatrie de Sion veut baisser le budget alimentation sous prétexte que les vieux ont moins d’appétit, je m’énerve. J’ai fait plusieurs films sur les personnes âgées, manger est un de leur dernier plaisir, une dignité. Les en priver, c’est inhumain.
En ce moment, ce qui m’intéresse, ce sont les hommes, leur violence notamment. Ceux qui partagent mon quotidien sont des êtres doux, alors je ne sais pas. Mais si on veut arrêter la chaîne des violences, il me paraît utile de faire parler les hommes là-dessus.
La colère n’exclut pas l’optimisme. Je le suis quant aux avancées des femmes. Je les ai vues se lever. Pas partout, d’accord, mais je sais qu’il y a des femmes africaines et arabes qui plaident très bien leur cause. Notamment sur la question du voile. L’Occident ne doit pas dicter son rythme et se substituer aux autres. Je me suis souviens qu’en Valais quand j’étais enfant, toutes les femmes avaient un foulard. Quarante plus tard, tout le monde l’a oublié.
Carole Roussopoulos
17:28 Publié dans La rédaction | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Lettre d'une adolescente
C’est vrai, j’ai 14 ans et j’ai décidé cette année encore de m’engager pour la journée des femmes. D’accord, je n’ai plus une minute à moi: il faut mobiliser les élèves, organiser des projections de films, préparer les rencontres, les discours… C’est effectivement pas mal de travail. Mais tout ça, je ne le fais pas pour moi, mais parce que j’ai lu beaucoup sur les horreurs et les injustices qui se déroulent aux quatre coins de la planète. Et je me demande parfois comment certains de mes camarades arrivent à ne pas se sentir concernés par ce qui se passe, comment ils peuvent ne pas se révolter. Personnellement, je refuse d’être une simple spectatrice. Ce sont les femmes autour de moi, mes modèles, qui m’ont appris à me révolter et à agir. Il parait que c’est plutôt rare à mon âge. Tellement rare qu’un de mes profs m’a dit l’autre jour que de toute sa carrière il n'avait pas encore vu une élève comme moi, et qu'il trouvait cela extraordinaire au sens propre du terme! Lorsque l’on me parle de mon engagement pour les droits humains, la question qui revient inlassablement c’est «Mais comment t’est venue cette idée?» Ce n’est pas une idée, c’est une conviction. Je ne suis pas la seule à partager ce point de vue: autour de moi, la majorité des filles me soutiennent. Les garçons, eux, c’est une autre histoire… Ils me demandent immanquablement pourquoi on ne fête pas la journée des hommes. Mardi, nous avons projeté au Cycle un film en rapport avec la Journée de la femme. La salle était pleine de filles. Un seul garçon avait pris la peine de se déplacer, mais c’est déjà presque une victoire.
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Lettre d'une ingénieure électricienne
Comme vous l'avez fait, beaucoup de gens me demandent ce qu’on éprouve à être une femme dans un milieu masculin. Curieusement, c’est à cause de cette éternelle question que j’ai fini par me prêter à une petite introspection. Il est vrai qu’au cours de mes études en Génie électrique et électronique, j’ai été essentiellement entourée d’hommes. Personnellement, je n’y ai jamais fais attention, mais les gens autour de moi s’en sont chargés à ma place. Curieux état d’esprit! Le plus important n’est-il pas de faire ce qu’on aime, sans prêter attention au contexte? C’est ça qui compte pour moi. Mes parents nous ont inculqués à mes quatre sœurs et à moi, que rien n’était impossible ou inaccessible.
J’ai par conséquent choisi mes études selon des critères simples: intérêt pour la matière, le degré de fascination du sujet, la langue et l’endroit. Contrairement à ce que tout le monde pense, le vrai défi n’était pas d’étudier avec une majorité d’hommes. Durant toutes mes études, je n’ai d’ailleurs jamais rencontré de problèmes dus à mon sexe. Au début, j’y ai même trouvé un petit avantage: étant l’une des rares fille, tout le monde me connaissait, et l’intégration s’est avérée être un peu moins difficile.
Non, pour moi, les vrais défis étaient de m’adapter à la vitesse du niveau universitaire, de passer du suisse-allemand au français, et de gérer mon quotidien toute seule. Et ces défis, ce n’est pas parce qu’on a joué avec une Barbie en étant petite qu’ils sont plus difficiles à relever. Je ne suis pas victime de mon choix de carrière, j’en suis fière, autant que mes collègues masculins peuvent l’être du leur.
Ira Nagel
17:07 Publié dans La rédaction | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note