02.04.2008
UBS: vers la fin du tunnel ?
Il serait rassurant de pouvoir se dire que le pire est passé, que les pertes sont connues et annoncées, que les dirigeants ont assumé leur responsabilité et que maintenant tout va de nouveau bien.
On voulait déjà y croire lors de la dernière recapitalisation. Le marché s’attendait à l’annonce d’une nouvelle perte et l’amortissement annoncé de 19 milliards de francs, entraînant une perte nette au premier trimestre 2008 de 12 milliards, a plutôt rassuré les investisseurs. Ceci se reflète dans le cours de l’action UBS, qui est légèrement remontée mardi suite à l’annonce.
Mais le problème urgent et qui risque de perdurer est celui de la crédibilité, attribut primordial pour une banque à laquelle on confie ses économies, la gestion de sa retraite, la dette de sa maison et tout un tas d’informations d’ordre privé et confidentielles. Vite perdue, la crédibilité prend longtemps à se rétablir: la pente est raide à la descente, et très plate à la montée.
Le départ de Marcel Ospel, bien qu’attendue et logique, est un constat de la situation actuelle, mais ne va rien faire pour rétablir la confiance parce que son retrait ne règle pas le problème. Plus intéressant est la décision de regrouper dans une division séparée toutes les affaires ayant trait à l’immobilier américain. En effet, cela permettra une plus grande transparence sur les affaires qui génèrent des pertes et celles qui génèrent des profits. Il n’est pas exclu que ce soit un premier pas vers une séparation/cession de toute cette activité. Dans cette période de marché boursier mouvementé, ou l’incertitude circule parmi les clients, actionnaires et investisseurs, une transparence sur la source des pertes est peut-être la meilleure chose que puisse faire l’UBS.
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03.03.2008
La campagne électorale américaine par vidéo clips
Obama surfe toujours sur une vague intitulée « le changement auquel nous pouvons croire » (change we can believe in). Certains artistes, sous l’impulsion de will.i.am des Black Eyed Peas, ont même repris des parties de son discours « Yes We Can » (oui nous pouvons), prononcé à la fin de la primaire du New Hampshire, pour en faire un vidéo clip qui a fait un tabac. A voir sous. Et ils viennent d’en faire un nouveau intitulé « we are the ones » (c’est nous) avec le message « nous croyons en lui parce qu’il croit en nous ». A voir ici.
La riposte du camp Hillary ne s’est pas fait attendre, à voir ici. A mon avis, même en tenant compte du goût varié de chacun pour des styles de musique différentes, Obama a gagné la guerre des vidéo clips haut la main.
10:43 Publié dans Beth Krasna | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.02.2008
Une lente séduction
Mais depuis quelque temps, les spots TV et vidéo, les articles de presse et les 19 débats qui ont tous véhiculé le message d’Obama ont eu raison de ma résolution, et j’avoue sans honte ne pas être insensible à son message. En préconisant un changement auquel le public pourra se rallier, Obama inspire les gens à participer à ce changement. Il ne dit pas « je » – il dit « nous ». Hillary propose des solutions toutes faites – c’est le message « faites-moi confiance ». Obama transmet un message d’espoir, que les choses peuvent changer, que nous y arriverons ensemble. C’est en quelque sorte la politique directe. J’aimerai y croire, je suis aspirée par son inspiration. Ségolène Royal a démarré un peu comme cela, avec son site www.desirsdavenir.org. Mais elle est vite rentrée dans le rang lorsqu’elle a été choisie par le parti pour courir contre Sarkozy. Est-ce qu’Obama, lui aussi, changera son message s’il est choisi par la convention démocrate ? Est-ce qu’il arrivera à le garder s’il est élu, face au poids de l’administration ? Il faudra attendre pour voir, mais j’aimerais tellement y croire…
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18.02.2008
Médias et affaire Mörgele: qui assure le contrôle de qualité?
Il y a quelque chose qui me déplait fondamentalement dans «l’affaire Mörgele», au point de prendre la plume pour partager mon sentiment d’inconfort, voire, disons le franchement, d’outrage, aujourd'hui encore.
Je ne veux pas revenir sur l’intention ou le lapsus du Président de la Confédération; ce qui est dit est dit. Après, on peut le justifier ou l’excuser comme on veut. Libre à chacun de souscrire à l’explication ou pas. Ce dont je veux parler c’est plutôt l’interview de Christoph Mörgeli enregistrée devant le camp de Buchenwald. L’association du lieu et du thème est trop belle pour être vraie, et la probabilité qu’il ait pu être à cet endroit parmi tant d’autres ce jour-là est tellement petite que de le montrer comme fruit du hasard est une insulte à l’intelligence du citoyen. Je ne m’épancherai pas sur la récupération de l’image par M.Mörgeli, il n’en est pas à son premier coup d’essai.
Le sujet qui me froisse est la complicité des médias. Depuis que nous avons l’internet et les blogs, chacun peut devenir reporter, écrivain, journaliste, star de son feuilleton personnel. Il n’y a pas de garde-fous sur la toile, ni de censure. Le résultat est une pléthore d’informations et de sites, dont une grande majorité est de qualité plus que douteuse. La sélection des pages relevantes se fait dans Google par popularité, via le nombre de liens. Donc un sujet à la mode écrit par un blogueur/euse lambda peut sortir plus haut sur la page que la version factuelle, si les internautes l’ont plus visité. L’idée étant que le contrôle de qualité se fera par les lecteurs, qui commenteront pour corriger le tir, et qu’une fois publié, la foule sera le garant de la véracité (modèle peer to peer).
Suivant le sujet, cela ne marche pas toujours, en particulier parce qu’il n’y a pas de standards, et que tout le monde ne partage pas la même sensibilité ni la même éthique.
Mais dans les médias officiels, les employé(e)s sont des professionnel(le)s. Nous payons des redevances pour nos chaînes télévisées, et nous souscrivons à des abonnements pour la presse écrite. Les rédacteurs et éditeurs sont sensibles et formés à tous les dérapages possibles, et savent reconnaître les manipulations. Les médias informent et aident à former les opinions du public.
Nous pouvons et devons attendre d’eux un comportement correct et éthique. Des vagues explications sur un blog après un tel dérapage qui tient de la faute professionnelle me semble bien peu de choses. Si les médias sont supposés suivre l’intégrité de l’économie et de la politique, alors qui va suivre et contrôler l’intégrité des médias?
12:15 Publié dans Beth Krasna | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
20.01.2008
La résolution anti-consommation
Mais cette année la presse fait état d'un nouveau type de résolution, dans la ligne du mouvement "anti-consommation". Si c'était une nouveauté en 2007, cette année cela semble prendre de l'ampleur. Pour ceux et celles qui n'ont pas suivi le début, un groupe d'amis de San Francisco ont lancé un défi dans leur entourage et à 50 amis, ont réussi a tenir leur résolution toute l'année 2007. Ils avaient décidé de ne rien acheter sauf de l'alimentation, des produits pharmaceutiques, des produits de sécurité et des sous-vêtements. Il y a maintenant des groupes partout qui suivent ces lignes, et on les trouves même sur Yahoo! Les trois objectifs principaux sont de simplifier sa vie, de réduire ses affaires et le gaspillage à la maison, et de faire un pas de plus que du simple recyclage. Une sorte de restructuration ou "downsizing" personnel.
Les bienfaits de cette résolution sont l'économie d'argent, la non-dépendance sur les magasins et la réduction de son empreinte environmentale. Les Etats-Unis étant le pays de tous les excès, il y a même une secte qui s'est créee, avec un prédicateur "Reverend Billy of the Church of Stop Shopping". Au vu de la crise des sub-primes et l'endettement d'une grande partie de la population, ce n'est peut-être pas une mauvaise résolution à prendre.
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31.12.2007
Chapeau bas, Charles Kleiber
Dans ma vie, j’ai été étroitement liée à la gestion de sociétés en démarrage, de PME industrielles, de sociétés de services, de sociétés familiales, de sociétés cotées en bourses, de sociétés à but non lucratif, d’institutions académiques, de fondations et d’associations. Et à mon avis, le plus grand défi de management est la gestion d’une université.
Imaginez-vous tous ces professeurs et assistants, chercheurs et autres individus d’intelligence supérieure à la moyenne. Tous spécialistes dans leur domaine et tous individualistes. Le travail d’équipe n’est franchement pas leur terrain de prédilection. Ils estiment chacun non seulement avoir voix au chapitre, mais sont en plus sûrs de leur opinion.
Le système universitaire étant largement basé sur le mérite, ce n’est pas un environnement démocratique où la majorité peut imposer son choix. Un président d’université américaine m’a une fois avoué que diriger son école, s’était comme essayer d’assembler un troupeau de chats pour les conduire dans une direction donnée.
Le paysage universitaire suisse a été passablement secoué en 2007, et des changements non planifiés sont intervenus à la tête des universités de Genève, Neuchâtel et de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich pour ne citer que ceux-là. Quels que soient les forces et faiblesses, les succès et erreurs, l’évolution des situations internes et externes terriblement médiatisées et souvent politisées de chacun de ces recteurs/présidents, nous leur devons une énorme reconnaissance pour avoir, à leur façon, essayé de piloter ces institutions.
Et s’il devait n’y avoir qu’un poste, le plus difficile, ce serait celui du Secrétaire d’état à la recherche et à l’éducation. A l’heure du départ de Charles Kleiber après dix ans dans cette fonction, des bilans et éloges qu’on peut lire un peu partout, il n’y a qu’une expression qui me vient à l’esprit – bravo et chapeau bas.
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14.12.2007
Autogoal ?
09:34 Publié dans Beth Krasna | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
05.11.2007
Cinéma et TV - grève des écrivains
En Europe nous avons l'habitude des grèves dans le secteur des transports, et dernièrement à Genève, dans le secteur de la construction. Mais lundi, après l'échec des tentatives de négociation, débute la grève des 12'000 écrivains américains du cinéma et de la TV. En fait, ils réclament plus de pourcentage sur leur oeuvre distribuée sur DVD ou par l'Internet. Les ventes de films sur DVD sont aujourd'hui plus importantes que les revenus des salles de cinéma.
Ils ont déjà fait grève en 1988. Cette grève là a duré 5 mois, et a coûté environ 500 millions de dollars. Cette fois ils vont essayer de perturber les activités des studios de cinéma et de TV, et préparent des manifestations dans les villes qui ont une forte implantation de ces médias.
Mais il n'y a pas besoin de paniquer: les studios ont pris les devants, et ont annoncé qu'ils avaient assez de films et séries produits en avance pour tenir jusqu'au printemps. Beaucoup de programmes ne sont pas trop dépendants des écrivains (nouvelles, sports, certaines émissions live...), et on peut toujours repasser des séries et films de saisons passées.
La grande différence avec la grève de 1988, c'est que maintenant il y a l'Internet, et avec cette nouvelle technologie, une démocratisation de la créativité. YouTube n'est pas dépendant des écrivains. Oui le contenu est important, mais une grande partie des jeunes est plus intéressée à communiquer et à résauter. Si les écrivains restent trop longtemps en grève, ils risquent de devenir peu importants pour une grande partie des jeunes.
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29.10.2007
Economie Verte
11:13 Publié dans Beth Krasna | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.09.2007
La valeur de l'innovation
Depuis plusieurs années et grâce à l'Internet sont apparues quelques communautés créatives autour d'un produit ou un service. La particularité de ces communautés est que le fruit de leur créativité est gratuit et accessible à tous. Le dévelopement de LINUX est un tel cas, mais aussi les communatés de "fans" autour de jeux video ou le développement des robots LEGO (exemple du projet autonome RoboCUBE). Les sociétés concernées s'arrangent pour pouvoir incorporer ces innovations dans leur produits - et c'est un peu la démocratisation de l'innovation.
Cela pose quand même un problème au niveau du modèle économique. Avant, un créatif était rémunéré pour son invention. Il avait une longueur d'avance sur le marché et les gens payaient plus pour avoir la nouveauté. Il pouvait profiter de cet avantage pendant un certain temps, d'où la nécessité à être le premier sur le marché. Aujourd'hui, dans plusieurs secteurs, le client peut choisir entre un produit avec une technologie protégée et rémunérée, ou un modèle avec une technologie gratuite. Mais la tendance va vers l'ouverture. La décision du Tribunal Européen contre Microsoft est historique. Pas vraiment en ce qui concerne le montant de l'amende, mais plutôt parce que cela force Microsoft à ouvrir son produit au développement sauvage. La protection de l'innovation pour exploiter une position dominante dans le marché ne sera donc plus permis. Les prochains dans le colimateur seront sûrement Apple et Intel.
En fin de compte, les consommateurs seront bénéficiaires, car le marché et la régulation se dirigent vers un monde ou tout fonctionnera avec tout. Mais la question se pose quant à la valeur de l'innovation, qui ne pourra plus être basée sur les gains futurs. Si on doit baser la valeur de l'innovation sur le potentiel d'utilisation, alors nous allons avoir besoin de changer le système comptable pour tenir compte d'une nouvelle valuation des actifs intangibles.
08:14 Publié dans Beth Krasna | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note