24 Heures

30.11.2007

Voici les livres préférés de centaines de critiques littéraires

Et voilà encore une bonne raison de cliquer. Vous voulez choisir quelques livres en guise de cadeau? Le "National Book Critics Circle" (NBCC), une association américaine à but non-lucratif réunissant plus de 700 critiques littéraires, propose la synthèse de leurs choix  sur son nouveau blog, "Masse critique". Beaucoup d'avis, donc, et des avis de connaisseurs, d'où l'intérêt.

 

La liste des meilleurs livres publiés en 2007 vient d'être mise en ligne, dans trois catégories: fiction, "non-fiction", et poésie. Si l'exercice est concluant -c'est une première- il sera reconduit chaque mois.

 

Seul problème: il s'agit évidemment de livres en anglais.

 

Qui connaît une démarche comparable dans le monde francophone ?

 

29.11.2007

Le livre à ne pas rater, chronique d'un amour perdu

S'il n'y en a qu'un à lire ou à offrir c'est bien celui là: cette chronique douce-amère, mélancolique et lucide, désespérée et pourtant irradiée par l'amour de la vie qu'est le récit de Joan Didion publiée sous le titre énigmatique "l'année de la pensée magique".

Joan Didion est scénariste. Elle a travaillé avec son mari nuit et jour, avec de nombreux scénaristes pendant plus de quarante ans. Ils ne se quittaient jamais. Ou rarement. Vraiment quand ils y étaient obligés. Ils ne pouvaient se passer l'un de l'autre. La seule chose qu'ils faisaient en solo c'était, de temps en temps, des romans. Encore prenaient-ils soin de les faire lire à l'adoré avant de l'envoyer à l'éditeur.
Elle c'est Joan, lui c'est John. Je n'ai jamais vu John ni rencontré Joan.

Mais j'imagine très bien comment parlait John, comment il regardait le monde, comment il traversait un jardin et je vois très bien aussi la délicatesse de Joan, ses yeux émerveillés devant un tableau, un feu de cheminée, son bonheur quand elle se promenait avec sa fille.

Toutes ces sensations, ces impressions que j'ai d'elle, de lui, d'eux ensemble en train de faire l'amour ou de refaire le monde, ont surgi à chaque page de ce récit bouleversant qu'a entrepris de faire, neuf mois après la mort de John, Joan.

Récit autobiographique, récit de l'intimité la plus intime depuis que John qui s'apprêtait à dîner avec Joan s'est effondré sur le parquet. Mort.

Qu'est que ça veut dire mort? Joan ne comprend pas. Joan essaie de le ranimer. Joan n'entend pas les médecins qui lui disent que John n'est plus là, que son coeur a lâché.

Alors, vous me direz, qu'en a-t-on à faire de la vie de Joan et de John?

Justement on veut tout savoir d'eux, comment ils se sont rencontrés, comment ils se sont aimés, comment ils se sont engueulés, comment ils ont voyagé ensemble, quel pain ils aimaient, dans quelle mer ils allaient nager. Pourquoi? Par ce que nous devenons, au fil de la lecture Joan et John, John et Joan. Parce que l'intime devient universel. Parce que quand la douleur est si justement exprimée, sans pathos et avec une infinie élégance de soi même, il se produit un phénomène d'identification qui fait qu'on a envie de prendre dans ses bras Joan, de la consoler, de lui dire qu'un jour se souvenir de John sera plus doux et qu'elle pourra, de nouveau comme elle le faisait tous les jours, aller se promener à Central Park et regarder les écureuils.

Parce que la vie est plus forte que la mort et qu'on peut vivre, vivant, avec les morts.

Joan Didion "l'année de la pensée magique" Grasset.

26.11.2007

L'avenir du futur: se marier virtuellement ou épouser un robot

Selon Adam Sarner, analyste chez Gartner, d'ici 2015, 2% des américains seront mariés virtuellement et n'auront jamais rencontré leur conjoint autrement que par écran interposé. Sarner prétend que ces mariages seront régis par les mêmes lois que les mariages dans le monde réel. "Bien que les mariés ne consommeront pas leur union, ils auront les même droits à la propriété". Allons bon.

La légalité des ces unions restent encore à prouver, mais en vérité les mariages online existent déjà dans le monde virtuel de Second Life.

Cette aperçu de l'avenir matrimonial suit de près la vision d'un chercheur en intelligence artificielle britannique, David Levy, qui prédit que les êtres humains vont aimer et même épouser des robots d'ici 2050. Ces derniers seront capables de tenir des conversations intelligentes, partager les émotions de leur interlocuteur et même, tenez-vous bien, avoir des relations sexuelles. David Levy a écrit un livre à ce propos intitulé "Love and Sex with Robots," paru aux éditions Harper Collins.


Source: NetworkWorld via Smart Mobs

23.11.2007

Les casques de footballeurs américains deviennent intelligents

Pour assurer une meilleure protection, les casques de footballeurs américains se dotent de technologies intelligentes qui surveillent l'activité du cerveau et en cas de coups et blessures, évaluent l'ampleur des dégâts.

C'est la société Symbex, qui développe des technologies de prévention et de réhabilitation pour les sportifs, qui a intégré des accéléromètres dans les casques (des capteurs du même type que ceux qui donnent au Wii de Nintendo sa magie du mouvement) et qui sont portés aujourd'hui par des centaines de footballeurs collégiens et universitaires.

L'étude des données permettra d'analyser l'étendu des chocs au cerveau et comment améliorer les casques pour une meilleure protection, selon Dr. Tom McAllister, directeur de Neuropsychiatrie à l'Université de Dartmouth dans une interview pour le Boston Globe.

21.11.2007

Pourquoi j’ai pas dis ça!

Trop tard. La réplique cinglante et cynique de mon interlocutrice m’a touchée droit au cœur et me voilà tétanisée, muette et tremblante.
Pourtant de la répartie, j’en ai. Sauf quand il en faut. Surenchérir sur les plaisanteries bon enfant d’un ami, je sais faire. Mais détourner par l’humour une attaque verbale, j’ai du mal. Lorsqu’on me raille, qu’on me méprise, il n’y a que de vagues borborygmes abscons qui s’échappent de ma bouche.

Ce n’est que quelques heures plus tard, lorsque l’ennemi est hors de ma vue que la riposte idéale se forme dans mon cerveau encore embué par la colère. «Mais pourquoi j’ai pas dis ça!» est le titre d’un de mes multiples petits carnets. J’ai pris pour habitude de noter tout ce que j’aurais pu dire pour réduire à néant par l’humour les piques de certaines âmes mal intentionnées. A un crétin cul pincé, qui, m’observant tenir le crachoir depuis un bon moment, s’est approché de moi en disant: «Et tu parles toujours autant? Surtout pour ne rien dire?», j’aurais adoré riposter en souriant: «Non, je ne parle pas aux cons, ça les instruit, d’ailleurs je te parlais pas, tu as remarqué?» Au lieu de cela, je n’ai réussi qu’à articuler un pauvre: «Ah, euh …hin, hin.» J’ai recensé aussi les bonnes vannes de camarades plus réactifs que moi. Nos répétitions étaient gâchées depuis un mois par un comédien imbuvable surnommé «le boulet» qui transformait par son talent l’«art dramatique» en «art catastrophique». Lorsque celui-ci à la pause déjeuner nous a lancé: «Je vais au supermarché, je vous achète quelque chose?» Mon amie Prune lui a répondu: «Oui s’il te plaît, achète un cerveau… Pour toi.»

J’ai recensé aussi des répliques de films comme évidemment le classique dialogue d’Audiard: «Si les cons étaient mis sur orbite, t’arrêterais pas de tourner!», qui ne me vient jamais en mémoire au moment propice. Malheureusement j’ai égaré ce petit carnet hier. Alors si dans votre entourage un être timide et inhibé a du jour au lendemain une répartie d’enfer, demandez-lui s’il n’aurait pas par hasard trouvé un petit carnet à spirale dans un café. S’il vous répond: «J’étais pas au café, j’étais au zoo, d’ailleurs ils te cherchaient, tu dois rentrer dans ta cage à 18h », demandez-lui de m’envoyer mon carnet à la rédaction.

Un site sur la génétique pour connaître ses origines

Un nouveau site sur la génétique, capable de lire plus d'un million de charactéristiques, invite les usagers à envoyer par courrier des échantillons de leur ADN (en prenant un frotti de leur salive) pour leur permettre de comprendre leur hérédité. L'analyse sera facturé aux alentours de $1.000.

Baptisé 23andMe, parce qu'il y a 23 pairs de chromosomes dans le corps humain, ce site revendique être le premier "service de génome personnel".

Selon le quotidien The Guardian, Google a investi $3.9 m dans cette affaire en 2006. Anne Wojciki, une des co-fondatrices de 23andMe est l'épouse de Serge Brin, co-fondateur de Google.

20.11.2007

Les jeunes se tournent vers un monde moins high-tech

Une étude réalisée en Angletterre a révélé que les jeunes, sous pression de devoir communiquer en permanence par le biais des SMS, de MSN, flickr, twitter et Facebook, se tournent vers de nouvelles activités moins high tech. Ils s'inscrivent à des cours de bricolage, participent à des concours d'orthographe ou organisent des échanges de vêtements usés sur les pistes de dance plutôt que de passer par eBay, l'idée étant de quitter la discothèque vétu autrement que lorsqu'on est arrivé.

Ce retour aux choses plus simples n'est pas limité à la Grande Bretagne. Aux Etats-Unis, le dernier club à la mode est celui du Cloud Appreciation Society (Société qui Apprécie les Nuages) dont les membres se réunissent dans des parcs publics où sur le dos, ils contemplent et commentent les nuages qui passent.


L'étude a été mené par la société de recherche Henley Center Headlight Vision et reporté dans un article de Business Week.

19.11.2007

Le ralentissement du Web

Selon une vidéo postée sur le site du Internet Innovation Alliance, des experts en technologie prédisent un sérieux ralentissement de l'Internet d'ici 2010 dù à la croissance exponentielle des données téléchargées et partagées sur le Web (essentiellement les fichiers vidéos, audio et photos, gourmands en bande passante). En d'autres termes, il faudra s'armer de patience pour consulter son site préféré, visionner un clip, ou simplement envoyer un e-mail. Ce sera comme au début du Net, lorsque les connexions au réseau étaient agonisantes de lenteur.

Si la croissance actuelle se poursuit, 20 foyers connectés à Internet de généreront autant de bande passante que tous les usagers connectés sur le réseau en 1995. Les réseaux existants seront innondés et ralentis. Ce sera l'Exaflood.

La catastrophe est évitable. Pour y rémédier les sociétés qui détiennent des réseaux devront investir $55 milliards.

14.11.2007

"L'école après l'école", l'exemple français dont la Suisse devrait s'inspirer

A la rentrée de la Toussaint, le gouvernement de Nicolas Sarkozy a lancé à grande échelle un programme intitulé «l’école après l’école» qui consiste dans la prise en charge des élèves de certains collèges sensibles après les heures normales de cours. Le programme comprend aussi bien du soutien scolaire, des activités artistiques que du sport.

L’enveloppe budgétaire s’élève à 140 millions d'euros pour payer les heures supplémentaires des enseignants et à 3,4 millions pour les autres activités. 200'000 élèves répartis dans un millier de collèges situés dans des zones sensibles, devraient ainsi pouvoir bénéficier d'heures supplémentaires dans leur établissement. Il s'agit de donner une véritable chance supplémentaire à ceux que le président de la République a baptisé les "orphelins de 16 heures".

A l’heure où l’UDC sort grande gagnante des élections nationales, (en grande partie en raison d’une campagne orientée sur la peur, peur de la délinquance juvénile, peur de l’étranger) un tel programme pourrait bien constituer un premier pas vers une amélioration de la situation des jeunes en difficultés.

Eviter la marginalisation
L’étude des profils des adolescents délinquants démontre effectivement que la criminalité est plus marquée chez les jeunes à faible niveau de formation, le risque de dérapage augmentant encore avec la non-maîtrise de la langue, le manque d’intégration culturelle ou d’encadrement familial.

Réorienter les budgets de l’Etat vers des mesures offrant à une jeunesse laissée à elle-même un soutien institutionnalisé préventif et constructif est un moyen efficace d’éviter la marginalisation. Un objectif de Nicolas Sarkozy que les socialistes feraient bien d’intégrer dans leur programme pour regagner les voix de leur base.

Nina a froid

Nina a froid. Tout le temps, partout. «C’est le manque de fer, lui dit sa mère, mange des lentilles!» Nina s’exécute. «C’est le stress, lui dit sa sœur, le stress bouffe le fer, c’est connu, fais du yoga, ça vaudra mieux.» Nina ne se sent pas particulièrement angoissée, mais s’inscrit à un centre du hatha-yoga. «Il faut vous relâcher, abaissez votre centre d’énergie», lui dit le prof. Nina se dit que, décidément, elle doit être stressée mais ne doit pas s’en rendre compte, c’est tout.

Une élève du cours lui conseille une masseuse. La masseuse explique à Nina que son énergie est bloquée au niveau des intestins, que sans doute elle n’exprime pas une colère très ancienne. Nina cherche une vieille colère qui doit bien être planquée quelque part, en vain. «Tu crois ne pas être en colère, mais en fait tu es folle de rage, d’où ton mal de ventre», lui dit sa meilleure amie. Nina explique qu’elle n’a absolument pas mal au ventre, elle est peut-être un peu ballonnée à cause des lentilles, mais elle a juste froid, c’est tout. «Ne nie pas ton déni, Nina!» lui répète son amie en inscrivant le numéro d’un psy fabuleux.

«Je vous écoute», dit le psy. Nina murmure: «J’ai froid.» «Oui», répond le psy, mais Nina n’ouvre plus la bouche et regarde passer un troupeau d’anges pendant quarante minutes. Elle perçoit un léger stress: il faut dire que son compte est sérieusement dans le rouge avec toutes ses tentatives de réchauffement. «Fais du sport!» lui dit son cousin musclé. Nina court, nage, et se fait un lumbago.

Dans le train qui l’emmène au chalet de sa grand-mère, Nina est livide. «Eh ben t’as l’air plus vieille que moi!» s’exclame la nonagénaire en apercevant sa petite fille au dos bloqué. «J’ai froid», lui dit Nina en éclatant en sanglots. «Ben oui bécasse, c’est l’hiver, on a tous froid. Tiens, mets ce pull et ces grosses chaussettes, assieds-toi devant la cheminée, je te prépare une petite soupe de légumes…»

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