28.09.2007
L'Armani Phone comporte une fonctionnalité "Anti Viol"
Une alarme peut être activée en appuyant plusieurs fois sur un bouton du téléphone facile à repérer depuis l'extérieur de son sac ou à travers la poche de son pantaloon.
17:34 Publié dans Emily Turrettini | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.09.2007
Beauté des femmes, beauté des hommes, différences et ressemblances
Aussi loin que la philosophie a existé, l’esthétique fut sa compagne. Guy Mettan en organisant sur le thème de la beauté les troisièmes rencontres internationales de la philosophie francophone à Saint Maurice ne l’a pas oublié. Il m’a été donné de réfléchir sur “Beauté des femmes, beauté des hommes, différences et ressemblances” – une opportunité de revisiter une question que j’avais négligée depuis mon célèbre livre “Les Hommes, ce qui les rend beaux” qui a fait de moi la spécialiste à laquelle on a désormais recours chaque fois qu’il faut commenter les splendeurs d’un Federer ou les attraits d’un Chabal…
La beauté des idées
Beauty is a byproduct of intelligence: cette phrase que je ferai mienne est en fait une invention brevetée. Je ne sais par qui, Platon ou Hegel ou encore quelque société de marketing? Platon qui dans le Banquet propose déjà que c’est par la beauté des corps que l’on peut accéder à la beauté des sciences puis finalement à «l’essence même du beau», Hegel qui affirme que «la beauté dans la nature n’apparaît que comme un reflet de la beauté dans l’esprit » et que «c’est par l’idée du beau que nous devons commencer...” ou la société de marketing qui a rajouté un TM (Trade Mark) possessif à cette magnifique maxime?
Quoiqu’il en soit, il m’apparaît qu’il nous faut plus que jamais militer pour la beauté de l’esprit comme valeur supérieure, comme valeur qui nous rassemble, et affirmer qu’entre la beauté des femmes et la beauté des hommes, la ressemblance la plus importante est celle de la beauté des idées.
La survie de l'espèce
Cette affirmation est la seule manière de nous libérer des critères sociaux de beauté, parmi lesquels le plus puissant est aujourd’hui celui de la survie de l’espèce. Notre société, prise de panique devant la diminution de la natalité, modèle le regard et impose sa vision du beau: sa propre survie. Alors que l’individu désire toujours l’Autre, l’espèce, elle, ne désire rien d’autre qu’elle-même. Tous les critères de beauté, largement inconscients d’ailleurs, rejoignent aujourd’hui les critères de fertilité.
La jeunesse est belle parce qu’elle est fertile. La santé est devenue un critère de beauté parce qu’elle augmente les chances de fertilité et les anorexiques sont désormais chassées des temples de beauté - les podiums - où elles étaient reines. Le ratio taille/hanche de 0,7 (d’une beauté incontestée) correspond bel et bien aux réserves de graisses idéales nécessaires à la gestation et les premiers mois de l’allaitement.
On dira volontiers d’un homme de plus de 60 ans qu’il est beau – il est encore fertile – mais on n’entendra que rarement dire – «quelle belle femme!» d’une femme du même âge. Les jeunes femmes qui préfèrent les hommes âgés (et plus souvent riches) sont mues par la même nécessité sociale, et non pas par un matérialisme qui leur est souvent reproché à tort: un homme âgé et riche offre tout simplement davantage de garanties d’assurer non seulement la survie de l’espèce mais la pérennité de sa lignée… et c’est ainsi que les bourses pleines rendent les hommes beaux!
La beauté en toute liberté
Et pourtant, j’aimerais penser que nous sommes désormais arrivés à un degré de civilisation qui nous permette de nous dégager des lois imposées dans le domaine de la beauté. A l’époque où beau était synonyme d’élancé et de blond, «être beau» - dit Laurent Wolf – «me paraissait un impératif extérieur, un ordre de marche, une contrainte non négociée, dont il était urgent de se libérer... Les nazis avaient une certaine idée de la beauté et voulaient construire un monde rigide débarrassé de ce qui leur était étranger… Ce fut la mort».
La société d’aujourd’hui, elle, semble vouloir nous imposer la vie. C’est mieux certes – mais cela reste une contrainte. La beauté des idées, elle, ne saurait être que libre. La beauté en toute liberté, sans modèle, sans marche à suivre, sans critère de bon goût, est un produit dérivé de l’intelligence. Pour les femmes comme pour les hommes.
22:17 Publié dans Barbara Polla | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
24.09.2007
Better ded than red!
Dans la vie, il y a les veinards, ceux que l’émotion ou la gêne rendent silencieux, nerveux, agités ou tremblants, et puis il y a les autres, ceux qui comme moi deviennent rouge pivoine. Mais il y a pire, un symptôme collatéral: la PEUR de devenir rouge. Cette peur m’a amenée à développer des stratégies pour parer à l’éventualité d’une modification chromatique faciale, dont je souhaite faire profiter mes frères et sœurs de rougeur.
Pour les situations que vous pouvez anticiper, comme un rendez-vous avec quelqu’un qui vous trouble ou vous plaît sérieusement, c’est très simple:
- Arrivez à l’heure mais en courant. Asseyez-vous essoufflé et dites la phrase magique : «Excuse-moi je suis en retard» Votre rougeur semble due à votre course, et vous déviez la conversation sur: «mais non tu es à l’heure!» «ah bon, on avait pas dis midi et demi?» Préambule qui laisse le temps aux braises de vos joues de refroidir.
- L’été, donnez vos rendez-vous sur des terrasses en plein soleil. Le port de lunettes de soleil empêche la personne de voir que vous avez la couleur de notre drapeau national, sans la croix. Passez ensuite à l’étape compliment : Elle te vont VRAIMENT très bien ces lunettes», pour que, flattée la personne ne les enlève surtout pas.
- L’hiver, passez au solarium et faites des UV avec des lunettes de ski pour attraper un coup de soleil. Oui, vous avez l’air crétin, mais vous n’êtes pas pris en flagrant délit de gêne, et vous pouvez dévier la conversation sur l’état de la neige sur les pistes.
- Si la personne arrive en retard, ou s’il fait trop froid pour se mettre en terrasse mais trop chaud pour skier, emparez-vous de votre téléphone portable. Lorsque la personne arrive prenez un air furieux et criez à votre interlocuteur téléphonique fictif: «C’est comme ça et ce sera pas autrement !» Et raccrochez brutalement; certes vous êtes écarlate, mais c’est à cause de la colère. Trouvez une noble cause à l’origine de votre fureur (sauver un orphelin, une baleine..) pour faire bonne figure.
Pour les situations imprévisibles qui rendent cramoisi à coup sûr: vous racontez une blague qui ne fait rire personne, vous faites une gaffe monstrueuse etc. une seule solution, faire diversion.
- Il y a les classiques: l’éternuement (à répéter chez soi); l’évanouissement (trop spectaculaire à mon goût), ou le petit cri suivi de : «j’ai une poussière dans l’œil!», ou «j’ai une douleur intercostale!», ou du plus radical «je ne vois plus, je suis AVEUGLE!!» (demande une grande pratique)
- Levez-vous et faites mine de voir quelqu’un de très célèbre : «C’est Alain Morisod!» Alain Morisod étant un exemple, vous pouvez choisir une autre star. (Mais Morisod reste une valeur sûre).
A part la fréquentation d’une association de daltoniens, je n’ai rien trouvé de mieux pour ne pas entendre ce satané: «T’es rouge comme une tomate!» Alors certes j’ai un peu honte, je suis même toute rouge à l’instant même, mais c’est pour la bonne cause.
09:39 Publié dans Natacha Koutchoumov | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
A quoi peut servir l'art: Hommage à la vie
L'autre soir, vernissages dans le Quartier des Bains, à Genève.
A Analix Forever, deux expositions: l’une, SWAY, organisée par Olga Britschgi et Gianni Motti, l’autre, le Center for Improved Living – le centre pour l’amélioration de l’existence. Pas de la vie, non, car la vie est parfaite, mais de l’existence. Vous avec un vœu secret? L’artiste vous aidera à le réaliser. Vous ne voulez pas aller travailler aujourd’hui? Il ira à votre place. Pour les enfants, un tableau blanc sur lequel ils peuvent écrire et dessiner. Des ballons à gonfler, de l’or à sprayer, du coaching de vie, & more.
Dans Sway, une photo de Camille Laurelli. Un couple de mouches font l’amour sur le 5 d’un clavier d’ordinateur, juste à côté du 6 et au-dessus du T, (Flies fucking on five, 2006. Une femme que je ne connais pas regarde cette photo avec une émotion extrême, et finalement me demande, pourquoi les mouches font-elles l’amour sur le 5? Une question que je n’avais pas posée à l’artiste, pourquoi «on five». Convoqué, il répond que les mouches se sont envolées avant qu’il n’ait pu le leur demander. Et cette femme de nous expliquer qu’elle a perdu sa fille de 17 ans, née un 5 (février), morte il y a quelques mois, dans un accident de voiture, la nuit du 5 au 6 (mai) et qu’elle s’appelait Tamara (avec un T). Que depuis, elle-même vit comme une survivante. Que la veille de sa mort, Tamara avait écrit sur son blog, «trop bizarre pour vivre, trop rare pour mourir». Sa mère a retranscrit cette phrase sur le tableau blanc du Center for Improved Living.
Bien sûr, l’art ne rend pas la vie à ceux qui l’ont perdue. Mais il permet dans la vie d’exprimer ses émotions, de les partager, de les écrire et de les vivre, un instant, autrement. Art improves living.
Accident sur l'A1 près de Versoix (GE), une adolescente de 17 ans tuée.
Un accident de la circulation a coûté la vie à une adolescente de 17 ans le dimanche 6 mai à 2h45 du matin sur l'autoroute A1 près de Versoix (GE), en direction de Lausanne.
La voiture a été percutée à l'arrière par un véhicule vaudois avant de terminer sa course contre un arbre.
La collision est survenue vers 02h45, a indiqué la police genevoise. Sous l'effet du choc, la voiture percutée, immatribulée à Genève et occupée par deux adultes et quatre adolescents, a été projetée hors de la chaussée.
Une jeune fille de 17 ans, assise à l'arrière sur les genoux de son ami, a été éjectée du véhicule lorsque celui-ci a frappé un arbre. Elle est décédée sur le coup. La conductrice ainsi que trois des passagers, légèrement blessés, ont été transportés à l'hôpital cantonal.
09:38 Publié dans Barbara Polla | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La Question humaine
On attendait ce film depuis longtemps. On savait que Nicolas Klotz, cinéaste qui s'intéresse uniquement aux formes d'oppression - exil, immigration - en faisant à la fois un travail de de documentaire et de fiction entremêlé avait acheté les droits du livre de François Emmanuel, paru en 2OOO et qui, alors, fit grand bruit. Cet auteur, médecin de province et écrivain par passion, avait, dans "La question humaine", abordé une problématique, par définition non romanesque puisque difficilement nommable: ce que l'auteur appelle la question humaine et que nous pourrions traduire maladroitement, approximativement par: ce que font certains hommes à d'autres hommes pour peu qu'ils possèdent du pouvoir, un petit comme un grand. Au XIXème siècle Marx nommait ainsi la lutte des classes. Au début du XXIème siècle il est devenu impossible de cerner idéologiquement de manière aussi claire cette perversité des rapports humains qui s'est emparée de toutes les strates de la société et qui démolit, un jour ou l'autre, de l'intérieur, les opprimés comme les oppresseurs.
Mais comment le dire en images?
Klotz met en musique les mots d'Emmanuel et nous donne un film âpre, bouleversant, aussi poétique que politique. L'action se passe dans une usine et le personnage principal - un anti-héros admirablement interprété par Mathieu Almaric - est directeur des ressources humaines et fait passer des entretiens d'embauche. La mécanique du capitalisme commence va commencer à grincer quand on lui demande d'enquêter sur le patron de l'usine que les cadres supérieurs accusent d'absence et de désintéressement du taux de profit de l'usine.
Porté par un scénario sophistiqué, un style à la Polanski premier crû, interprété par des acteurs admirables - Lonsdale, Kalfon, Amalric et aussi Valérie Dreville - ce film vous cloue à votre fauteuil et, lorsque le générique fin s'affiche, vous laisse troublé, désemparé, coupable de ne pas en faire assez pour tous ceux que la vie laisse au bord du chemin.
"La Question humaine", à voir sur les écrans en France.
09:37 Publié dans Laure Adler | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.09.2007
Les blogs se dotent de commentaires audio
Un des atouts majeur d'un blog est son interactivité. Chaque billet publié par l'auteur peut'être commenté par le lecteur et ce commentaire apparaissant sous le text initial, prolonge ainsi la discussion.
Mais voila que le site people très populaire TMZ, donne voix aux lecteurs, littéralement. Le blog a été doté d'un bouton permettant l'enregistrement de commentaires audio, et de la même manière que les commentaires écrits, ils sont accessibles (audibles) à tous. Il suffit de cliquer sur le nom de la personne qui a laissé le message vocal.
Un billet publié sur la performance médiocre de Britney Spears aux MTV Awards récemment, a suscité une soixantaine de commentaires audio, rapporte USA Today. Mais ce n'est pas encore aussi populaire que la réaction rédigée par clavier interposé, care le même billet à suscité 1311 commentaires écrits.
Des expérience similaires se déroulent ailleurs, comme celle du San Francisco Chronicle qui permet d'écouter les messages vocaux laissés dans le "courrier des lecteurs audio".
Il y a quelques mois, le New York Times, excellent à tout point de vue, mais remarquable pour sa rubrique décès, a lancé "The Last Word" ("Le Dernier Mot"), permettant aux personnalités d'enregistrer eux-mêmes leurs pensées et la manière dont ils aimeraient qu'on se souviennent d'eux. La première vidéo a été celle de l'humoriste et éditorialiste très aimé Art Buchwald, qui a paru lors de son décès en janvier dernier.
Pour en revenir à TMZ, il ne compte pas s'arrêter aux commentaires audio, mais prèpare pour bientôt, la possibilité aux lecteurs de laisser des commentaires vidéos- une interactivité qui existe déjà sur le blog de la TSR, Nouvo.
11:04 Publié dans Emily Turrettini | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.09.2007
La valeur de l'innovation
Depuis plusieurs années et grâce à l'Internet sont apparues quelques communautés créatives autour d'un produit ou un service. La particularité de ces communautés est que le fruit de leur créativité est gratuit et accessible à tous. Le dévelopement de LINUX est un tel cas, mais aussi les communatés de "fans" autour de jeux video ou le développement des robots LEGO (exemple du projet autonome RoboCUBE). Les sociétés concernées s'arrangent pour pouvoir incorporer ces innovations dans leur produits - et c'est un peu la démocratisation de l'innovation.
Cela pose quand même un problème au niveau du modèle économique. Avant, un créatif était rémunéré pour son invention. Il avait une longueur d'avance sur le marché et les gens payaient plus pour avoir la nouveauté. Il pouvait profiter de cet avantage pendant un certain temps, d'où la nécessité à être le premier sur le marché. Aujourd'hui, dans plusieurs secteurs, le client peut choisir entre un produit avec une technologie protégée et rémunérée, ou un modèle avec une technologie gratuite. Mais la tendance va vers l'ouverture. La décision du Tribunal Européen contre Microsoft est historique. Pas vraiment en ce qui concerne le montant de l'amende, mais plutôt parce que cela force Microsoft à ouvrir son produit au développement sauvage. La protection de l'innovation pour exploiter une position dominante dans le marché ne sera donc plus permis. Les prochains dans le colimateur seront sûrement Apple et Intel.
En fin de compte, les consommateurs seront bénéficiaires, car le marché et la régulation se dirigent vers un monde ou tout fonctionnera avec tout. Mais la question se pose quant à la valeur de l'innovation, qui ne pourra plus être basée sur les gains futurs. Si on doit baser la valeur de l'innovation sur le potentiel d'utilisation, alors nous allons avoir besoin de changer le système comptable pour tenir compte d'une nouvelle valuation des actifs intangibles.
08:14 Publié dans Beth Krasna | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.09.2007
Où trouver les séries télé sur Internet
Trouver les séries télé sur Internet n'est pas toujours chose facile. Eparpillées sur les différents sites de partage vidéo comme YouTube ou Dailymotion, elles ne sont jamais dans un ordre chronologique et des épisodes ou des saisons entières disparaissent souvent d'un jour à l'autre pour des questions de droit d'auteur.
BitTorrent, un logiciel à télécharger, qui fonctionne en réseau P2P (partage de fichiers) a un énorme catalogue de séries et de derniers films sortis en salle. Il suffit de faire une recherche pour trouver sa série/son film, puis le télécharger sur son disque dur. Mais ce n'est pas une procédure pour tout le monde, et moins facile que de visionner en "streaming", c'est-à-dire en lecture continu, ce que proposent les sites de partage vidéos.
Que faire? Allez sur SideReel.com, un site de recherche Wiki, dont NewTeeVee a récemment fait l'éloge. Partant du principe que les fans assidus sont plus performants qu'un algorithme, c'est la communauté qui se charge de trouver et de mettre à jour les liens. Et ça fonctionne à merveille. C'est le meilleur catalogue des séries télé sur Internet rencontré à ce jour. Vous trouverez ici les derniers épisodes de la dernière saison de votre feuilleton préféré, pas encore diffusés sur nos chaînes.
Pour parer à ce nouvel engouement des internautes et entrer elles aussi dans la partie, les chaînes télé à leur tour essaient le mode de diffusion sur Internet. TF1 lance le 25 septembre en exclusivité et en mode payant, sur www.tf1vision.fr, "chacun des trente nouveaux épisodes de la nouvelle saison de Heroes, immédiatement après leur diffusion sur NBC aux Etats-Unis." Chic.
08:15 Publié dans Emily Turrettini | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.09.2007
«Je ne suis pas très télé»
C’est étrange je ne connais personne qui avoue regarder la télévision. «Les infos c’est tout, de temps en temps un reportage, mais vraiment je la regarde très très peu.» De tous âges, milieux, profession, à chaque fois, on me sort le même adage : «des films parfois…, d’ailleurs j’ai vu un film hongrois en VO, absolument époustouflant l’autre jour». Tels les alcooliques qui déclarent: «Ne boire qu’un petit verre de temps en temps» ; « ne jamais boire seuls» et «pouvoir s’arrêter quand ils veulent», nous sommes nombreux a éprouver cette honte qui pousse au déni quant à notre rapport au petit écran.
Et pourtant, il y a les chiffres. Si toutes les personnes qui m’ont dit ne regarder que des films au minimum iraniens ou moldaves disaient vrai, alors ARTE serait la chaîne la plus regardée au monde. Pourtant l’audimat ne semble pas battre au rythme des documentaires sur le théâtre en Yakoutie, ou des retransmissions de danse contemporaine Inuit.
Existent-ils, ceux qui regardent «La nouvelle star», «Confessions intimes» et «Plus belle la vie»? Je n’arrive pas à les rencontrer. Non, ces émissions-là je n’entends que des gens qui sont «tombés dessus». «Je suis tombée sur cette émission l’autre jour comment ça s’appelle déjà ? C’est sur une île, ils ont tous des physiques de stripteaseurs…. C’est abominablement vulgaire, c’est affreux.» Pourtant «L’île de la tentation» semble mieux marcher que «Le dessous des cartes» d’ARTE. Bizarre. Nous mentirait-on ? «La nouvelle quoi? Ah La nouvelle star? oui ma fille regarde ce machin, j’ai dû tomber dessus.»
Un énorme complot serait-il orchestré pour nous cacher qu’un film d’Abbas Kiarostami réalise 55 pour cent de part de marché ? Et que Star Academy ne réalise que 2 pour cent ? Tout ça pour nous vendre des disques ?
J’imagine tous ces grands intellectuels que nous sommes, rentrer en courant pour ne pas louper le début d’un grand documentaire sur la confection des pompons, en Laponie, tombant sur «secret story», et là, cauchemar, collectivement les télécommandes se bloquent, impossible de changer de chaîne, pendant que les lapons tricotent leurs pompons en VO sur ARTE, nous sommes coincés sur TF1, c’est atroce. Quand la télécommande marche à nouveau, les lapons fixent déjà leurs jolis pompons sur leurs costumes traditionnels, et commencent une petite danse folklorique sur le générique de fin. Voilà c’est foutu, A cause de «Secret story» les coutumes Laponnes seront pour nous une histoire secrète à tout jamais.
Surtout, ne pas posséder de poste
En tout cas ceux qui prétendent le moins regarder la télévision, sont souvent ceux qui y travaillent. Sur les plateaux télé, on parle rarement de télévision, encore moins de l’émission ou de la fiction que l’on est en train de réaliser. Très nombreux sont ceux qui se vantent de ne pas posséder de poste. J’ai toujours trouvé ça assez inquiétant.
Quelque chose me dit que les programmes seraient meilleurs si ceux qui les font s’y intéressaient vraiment. Je ne suis pas sûre que j’achèterais une voiture chez un concessionnaire qui clamerait ne pas vouloir passer son permis et qui viendrait au travail en trottinette. Figurez-vous que je n’ai jamais autant parlé de littérature que sur des tournages de télévision. Notez ça m’arrange, je ne regarde jamais la télévision, ou alors un documentaire de temps en temps…
14:45 Publié dans Natacha Koutchoumov | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
12.09.2007
Je ne peux me fatiguer de vivre
Il y a des livres qui vous emportent très loin à l'intérieur de vous-même, qui hantent vos nuits, vous tourmentent et dont certains passages restent gravés en lettres de feu dans votre arrière mémoire. La stratégie des antilopes qui vient de paraître appartient à cette catégorie. Leçon d'humilité, d'écoute et d'empathie il est à la fois méditation sur la signification de l'Autre, réflexion sur les brûlures de l'histoire et message d'humanisme et d'espérance.
Hatzfeld est reporter de guerre depuis trente ans. Sa vie a changé lorsqu'il est arrivé au Rwanda après le génocide. Il a décidé non de "couvrir l'évènement" mais de le vivre dans sa chair et son coeur et de s'installer là-bas dans une petite bourgade pour écouter, ne pas poser de questions, attendre qu'on vienne vers lui pour tenter de comprendre cette horrible souffrance et culpabilité des survivants tutsis. Puis il est revenu, puis il est devenu l'enfant du pays, il s'est "tutsisé". Il est devenu l'un d'entre eux. Ce livre est le troisième de son odyssée. Le premier "Dans le nu de la vie" donnait la parole aux victimes, le second "Une saison de machettes" aux massacreurs. Celui-ci décrit la vie ensemble des massacreurs et des parents, enfants, frères, soeurs et cousins tués par les massacreurs. Soi disant la paix est revenue, soi disant la justice est passée. Soi disant, au Rwanda, tout est comme avant. Alors on fait semblant, on peut boire et travailler ensemble. Mais comment se parler? Comment faire pour vivre ensemble?
L'oeuvre philosophique d'Hannah Arendt est irriguée par cette problématique du vivre ensemble. On pense à elle en lisant Hatzfeld. Leçon d'humanisme et d'empathie, Hatzfeld montre aussi que la vie demeure toujours plus forte que la mort, du moins quand on a la chance d'être encore en vie... Comme le dit une amie d'Hatzfeld, une femme tutsi qui a perdu toute sa famille:"j'ai retrouvé l'espoir. Le courage est revenu, le goût aussi...J'attends. Je suis très calme. Puisque je suis vivante, je ne peux me fatiguer de vivre, comment le pourrais-je?"
Jean Hatzfeld, "La stratégie des antilopes" Collection fiction et cie. Editions du Seuil.
22:59 Publié dans Laure Adler | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note