30.07.2007
Le nouveau citoyen reporter-video
Après les sites alimentés par les journalistes citoyens, dont le journal OhMyNews Coréen a été le précurseur et la référence - ce sont des citoyens de tous bords et toutes professions confondues qui soumettent des articles et générent le contenu du journal - on voit apparaître une évolution du genre sur Internet... en vidéo.
Current.tv est le premier site WebTV a avoir tenté l'aventure en proposant un programme sur l'actualité, mélangeant reportages professionnels et du contenu vidéo généré par des utilisateurs.
Friction.tv en Angleterre s'est associé avec la chaine Five News, et des vidéos soumis par les usagers sont sélectionnées pour être intégrées dans le programme.
Mais selon le site NewTeeVee, la meilleure proposition de ce genre nouveau est probablement celui de Report.tv, qui recrute des citoyens reporters pour commenter l'actualité régionale. C'est le nouveau citoyen journaliste vidéo.
09:11 Publié dans Emily Turrettini | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.07.2007
Questions de femmes
Un article sur les attentes des adolescentes m'a particulièrement frappée dans la presse japonaise - aux Etats-Unis la grande majorité des jeunes filles pensent se marier un jour et avoir des enfants. Au Japon, 88% des jeunes filles ne veulent pas se marier. C'est vraiment un rejet du système social actuel, et cela ne prédit rien de bon face au problème de vieillissement de la population. C'est vrai qu'elles sont féroces, ces adolescentes, quand on les croise dans les rues après la sortie de l'école, toutes en uniforme, et en bandes de trois ou quatre. Je ne suis pas sûre que leurs aspirations soient réalistes, mais il y a une cassure entre la femme de bureau soumise qui sert le thé, et l'image de jeunes filles fortes et aggressives relayée par les mangas.
L'Inde aussi essaie d'améliorer la position de la femme dans la société, et vient d'élire Pratibha Patil, 72 ans et anicen gouverneur (euse?) de la province du Rajasthan, comme première femme Présidente. Le poste est cérémonial, mais cela montre un signe en faveur des désavantagées. Dans son discours d'inauguration, elle a promis de faire progresser les droits des femmes, et d'arrêter l'avortement des foetus féminins. Vaste programme! On ne peut que lui souhaiter bonne chance. Si le déséquilibre homme/femme continue en Inde et en Chine il n'y aura que deux évolutions possibles - ou bien une femme devra être mariée à plusieurs hommes de la même famille, comme cela se pratique déjà dans certaines tribus, ou bien on verra l'émergence de groupes d'homosexuels mâles, car ils n'auront pas d'autre possibilité pour exprimer leur affection.
12:43 Publié dans Beth Krasna | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.07.2007
La réputation de Rudi Giuliani dévastée par une vidéo des pompiers New Yorkais
Une vidéo de l'Association Internationale des Sapeurs Pompiers, baptisée "Rudy Giuliani: Légende Urbaine", mise en ligne hier en fin d'après midi, détruit la réputation de l'ancien maire de New York, acclamé comme le héros de 9/11, et candidat républicain aux élections présidentielles américaines.
Il est accusé d'avoir fabriqué son personnage et sa réputation sur les événements du 11 septembre et selon le Président Général Harold Schaitberge "C'est est un self promoteur impudent".
Une série d'interviews d'officiers, entrecoupés d'images des attentats, démentent l'efficacité de Giulliani ce jour là, accablant surtout les radios, qui ne fonctionnaient pas. Maire de New York depuis 8 ans à l'époque, il n'avait pas fait tester les nouveaux modèles, et l'équipement respiratoire était inadéquat.
Il est critiqué également pour avoir mis le poste de commande dans le 7 World Trade Center, estimé une cible potentielle des terrroristes. Sa décision d'accélérer le nettoyage de Ground Zero, en rempilant les débrits est critiquée également. La vidéo rappelle en images les pompiers manifestant, exigeant de pouvoir continuer à fouiller les débris pour retrouver les corps de leurs camarades. Ils sont d'abord arrêtés, puis relâchés sous la pression médiatique.
Le vidéo termine ainsi "Il a construit sa campagne sur la mémoire héroique des 343 pompiers disparus, il est candidat pour la présidence des Etats-Unis. C'est une honte."
Dans cette campagne baptisé "Les élections YouTube", cette vidéo restera dans les anales des présidentielles pour avoir démontré toute la puissance de ce nouveau média.
08:26 Publié dans Emily Turrettini | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.07.2007
L’EPFL a vécu dix jours au rythme des régates de la baie de Valence
Optimaliser des matériaux utilisés pour la fabrication des voiliers, mesurer en temps réel les déformations des superstructures, utiliser les probabilités et la statistique mathématiques en appui au navigateur pour avancer au plus vite dans un vent variable, parfaire la géométrie de la coque et des voiles à l’aide d'outils de simulation numérique: voilà autant de recherches passionnantes dans lesquelles les étudiant-e-s et les chercheur-e-s de l’EPFL sont impliqués. Il est donc normal que les EPFLien-ne-s s'approprient un peu les succès d'Alinghi et qu’ils aient eu les yeux fixés sur l’écran géant installé au centre de leur Ecole à l’heure des régates.
Je suis passée plusieurs fois devant la salle de projection et j’ai pu y voir une foule constituée de tous les corps de l’Ecole. Parmi les spectateurs, beaucoup d'étudiantes et de chercheures passionnées regardaient les régates et participaient aux discussions.
Ce sport plairait-il donc aux femmes?
Sur le plan de l’égalité, il n’y a certainement pas lieu de se plaindre d'un sport tel que la course à la voile, où femmes et hommes peuvent se mesurer sans distinction tant en régates que dans les courses au large. Les Isabelle Autissier, Ellen MacArthur et autre Florence Arthaud se sont fait un nom en s'imposant devant les meilleurs marins dans des courses océaniques. La soeur d'Ernesto Bertarelli, Dona Bertarelli Späth, ne s’est-elle pas également lancée dans la course en régates sur le lac Léman où elle est la skipper d'un équipage entièrement féminin? Sur les bateaux d’Alinghi et de leur adversaire, on ne voyait pourtant que des hommes. Si dans les équipes à quai il y avait effectivement plusieurs femmes, celles-ci n'ont pas occupé le devant de la scène. J’ai donc eu envie de questionner quelques spectatrices de l’EPFL pour connaître leur motivation à suivre les aventures des voiliers et je vous rapporte quatre témoignages:
«J’ai appris à apprécier les courses de la Coupe de l'America grâce à l’engouement suscité autour de moi. Je ne pensais pas être intéressée à rester assises deux heures à regarder les bateaux se défier. J’avais peur de m’ennuyer. Je me suis prise au jeu et me voilà maintenant fervente supportrice d’Alinghi. L’envie de regarder les régates me vient de l’ambiance qui règne durant les courses. Les magnifiques images qui nous sont apportées par la télévision et les commentaires professionnels délivrés font que l’intérêt est grand. Par contre, je n’y porterais certainement pas autant d’attention si une équipe suisse ne figurait pas tout en haut de la hiérarchie sportive.»
«Je ne suis pas une très grande fan de sport en général, mais je dois dire que quand on peut lire la tension de la compétition sur les visages des concurrents, cela m'intéresse déjà d'avantage. Ainsi, tennis: oui, voile: oui, sport automobile et moto: non (ils ont des casques). Vélo: à la limite. Foot: oui, hockey: non. L'aspect esthétique compte beaucoup aussi. Les courses à la voile pour la mer, le Tour de France cycliste pour les magnifiques paysages.»
«Je travaille dans le domaine de la biotechnologie et je connaissais Ernesto Bertarelli à travers son entreprise Serono. Je me suis donc intéressée à Alinghi par ce biais. C’est aussi le défi technologique qui m’intéresse. Et puis, la curiosité d’apprendre un tas de choses à propos d’un sport que je ne connaissais pas.»
«J’ai appris tout un autre vocabulaire qui m'était étranger et que je trouve poétique. C’est impressionnant de voir comment les hommes font corps avec le bateau. Et l’ambiance est superbe ici! C’est intéressant de voir les collègues dans un autre cadre, tous unis autour du même thème. Et puis, c’est tout simplement beau!»
Si toutes ces spectatrices avaient une analyse aussi différente qu'intéressante, j’ai trouvé un point commun à chacune d'entre elles : une fierté plus ou moins avouée. Elles étaient doublement fières qu’Alinghi soit suisse et que l’EPFL soit sa conseillère scientifique.
L'équipe suisse a remporté l'aiguière d'argent pour la seconde fois consécutive et a ramené le trophée le plus ancien de l’histoire du sport le week-end dernier en Suisse. Le sport et la technologie nous ont fait rêver et nous ont réunis autour d’un bel accomplissement. Bravo à Alinghi!
15:49 Publié dans Farnaz Moser-Boroumand | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.07.2007
"Les Elections YouTube"
Les élections présidentielles américaines sont surnommées "Les Elections YouTube" car les candidats rivalisent d'imagination pour faire passer leur message par ce nouveau mode de communication: le vidéo clip.
Récemment, Hillary Clinton a figuré avec son mari Bill dans une parodie copie conforme de la série télévisée Les Sopranos, quelques jours seulement après la diffusion du dernier épisode de cette série. En 48 heures, le clip a été visionné 1 million de fois.
Mais la médaille a un revers: Les candidats ne sont plus maîtres de leur image. Les producteurs amateurs s'amusent à leur tour en proposant leurs propres interprétations, souvent avec brio, ou captant des moments furtifs, qui sont pour le moins gênant.
Une vidéo de John Edwards au maquillage avant de passer à l'antenne, se coiffant et se recoiffant longuement au son de "I feel pretty" est du moins embarrassante. Mais pas irréparable comme la vidéo de Jon McCain, qui pour être drôle, a entonné les premières paroles d'un tube des Beach Boys des années 1960 intitulé "Bomb, Bomb Iran..." en réponse à une question du public lui demandant ce qu'il pensait d'une intervention militaire en Iran.
Parfois ces vidéos amateurs tournent à l'avantage du candidat, comme ca été le cas pour Barack Obama, qui a droit à l'adoration d'une superbe brune au physique avantageux qui avoue son amour pour lui en chantant. "I gotta crush on Obama". C'est devenu un tube.
Un site dédié uniquement aux vidéos présidentielles se trouve à l'adresse www.prezvid.com
22:05 Publié dans Emily Turrettini | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.07.2007
Milton Friedman désavoué!
Milton Friedman, le grand économiste américain qui préconise le capitalisme "laissez-faire" et dont le maxime fameux est "the business of business is business" est en train d'être totalement désavoué. La réunion à Genève ces jours du UN Global Compact qui rassemble plus de 1000 chefs d'entreprises du monde entier ne parle que de responsabilité sociale des entreprises.
On peut critiquer les Nations-Unies, mais si imparfaite que soit cette organisation, c'est la seule autorité morale reconnue mondialement. Certains diront que les participants du secteur privé ne songent qu'à améliorer leur réputation et ne font que des voeux pieux qu'ils ne concrétiseront pas. D'autres comme Bernard Kouchner réclament plus que le code volontaire, et veulent une réglementation des entreprises avec contrôles et sanctions.
Pour l'heure, il faut saluer cette initiative et les ambitions formulées; c'est un grand pas dans la bonne direction. Le consensus, même dans les pays en voie de développement ou en croissance rapide est là. A chacun de trouver l'application des principes selon ses moyens. Je relève en passant que cet événement se passe à Genève, ce qui renforce encore le rayonnement mondial et le pouvoir d'influence ou "soft power" de notre cité.
23:07 Publié dans Beth Krasna | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.07.2007
La douleur de Téhéran
Elle a réussi à s’en sortir grâce à son courage, sa volonté, son intelligence. Très jeune, elle a compris qu’il fallait partir de son pays pour reconstruire son identité, quitter ses parents adorés, s’éloigner de sa grand-mère idolâtrée qui lui offrait des fleurs de jasmin et édictait sa loi morale.
Elle s’est envolée à l’aube de l’adolescence vers un Occident où elle a découvert qu’on pouvait vivre sans voile, porter des minijupes, danser jusqu’à l’aube, draguer des garçons.
Elle en a profité jusqu’à l’écœurement. Mais toujours revenait, lancinante, la douleur de Téhéran. Lui revenaient aussi en mémoire l’annonce de l’assassinat de son oncle, la résistance intellectuelle de ses parents.
Elle est donc revenue dans un pays détruit où son paysage autant géographique que psychique n’existait plus. Tout n’était que ruines, cendres, dévastation; elle s’est murée dans sa solitude, a cessé de communiquer et, lentement mais sûrement, s’est enfoncée dans le puits noir de la désespérance. Et toujours, obsédante, cette douleur de Téhéran, ce Téhéran perdu de son enfance.
Après la dépression est venu le temps de la résolution et de l’action: elle a voulu combattre pour les valeurs de la démocratie et faire savoir à l’extérieur ce qui se passait dans son propre pays; et, pour ce faire, elle est repartie. Elle a, dès lors, utilisé les moyens qui étaient les siens: l’art, le sens de la beauté, la grâce de l’écriture.
Elle a fait des livres qui racontaient son histoire et furent des grands succès. Aujourd’hui sort en France son film, Persépolis; beauté des images où les noirs sont très noirs et la profondeur de champ si grande qu’on songe aux dessins de Victor Hugo en exil, voix off merveilleusement incarnées par, entre autres, Danièle Darrieux, Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, récit initiatique bouleversant qui, à partir d’une histoire individuelle, nous fait partager le sort de tout un peuple. Espoir, bonheur, réconciliation: bref, un joyau. On le que l’on doit à Marjane Satrapi. Retenez son nom, on en reparlera.
10:52 Publié dans Laure Adler | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.07.2007
Anièce va au fitness...
«Tu vas au fitness? Mais t’as pas besoin de maigrir!»
Et bien non, Anièce n’a ni besoin ni envie de maigrir, mais elle va au fitness. Tous simplement pour être en forme. Et aussi pour contrer des maux de dos. A sa première séance, une monitrice lui a expliqué que pour maintenir un bon dos, il faut aussi muscler les abdos et les fessiers. Lassée des machines de torture, Anièce se rend parfois au cours joliment intitulé «abdo-fessiers». Et là, on sue, on transpire.
Gino le moniteur: «Certaines m’ont dit qu’elles voulaient perdre des fesses, alors on se bouge!» Carla la monitrice: «Vous avez beaucoup mangé ce week-end? Alors appliquez-vous!» Anièce, ni grosse ni goinfre, s’applique quand-même.
Mais dans la grasso-phobie ambiante, certaines la regardent de travers au vestiaire quand elle se change. Et lorsqu’elle ose un «on devrait pas varier exercices abdo et fessiers? Ce serait moins pénible que de faire 30 minutes de fessiers puis 30 minutes d’abdos», une "fitnesseuse" un peu ronde lui lance sur un ton de reproche: «Ouais peut-être. Mais il me semble que t’arrivais à suivre, non?»
«Pardon excusez-moi, pense Anièce. Oui j’arrive à suivre. Mais regardez, moi aussi j’ai un peu de cellulite! Alors, j’ai le droit de revenir?»
17:44 Publié dans La rédaction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note